La plupart des personnes pensent que le grignotage est dû à un manque de discipline. Si c’était la cause de 100 % des cas, nous n’aurions pas autant de mal à nous arrêter. Les régimes et autres plans alimentaires et sportifs seraient naturels, et l’obsession de la nourriture inexistante. Et donc, les désordres alimentaires n’existeraient pas.

Ce que j’ai à en dire, en tant que professeur de yoga qui avait l’habitude de grignoter, n’est sûrement pas original. Si vous êtes ici, c’est que vous avez déjà cherché des solutions ailleurs. Et pourtant, manger sainement est toujours une lutte pour vous.

Et pour cause, le grignotage est souvent lié à un déséquilibre émotionnel. Ce que je remarque, à travers les questions que l’on me pose ou les habitudes que je constate chez les grignoteuses, ce sont ces cinq facteurs récurrents.

 

1- L’ignorance

Vous êtes-vous déjà demandé ce que vous mangiez et pourquoi vous le mangiez ? La nourriture émotionnelle peut être la conséquence directe du manque de conscience sur vos vraies raisons de cette collation qui vous fait tant de bien…sur le moment.

Les thérapeutes l’appellent la nourriture inconsciente. Tout comme de mangeotter après le repas alors que vous n’avez plus faim. Vous vous surprenez les mains dans le plat à picorer les restes ou à vous enfiler les cacahuètes car le paquet est en face de vous. Et sans vous en rendre compte, vous avez mangé une deuxième portion.

 

Quelle solution à cela ?

Apporter autant de conscience que possible. Oui, c’est vrai, vous avez du entendre parler de « la pleine conscience » à toutes les sauces, pour la travail, gérer le stress, communiquer avec bienveillance,… et pourtant, si le même message est martelé depuis des millénaires, c’est peut-être qu’il y a quelque chose à y trouver. Ça peut être très difficile de vous focaliser sur l’acte de manger, surtout au début, tout comme la méditation d’ailleurs. Vous êtes en apprentissage, alors commencez avec des petites quantités (3 fourchetées sur l’assiette entière), sans vous juger.

 

2- La nourriture : votre seul et unique plaisir

Il m’arrive de demander aux grignoteuses « Que ressentiriez-vous si vous arrêtiez les grignotages ? ». A ma grande surprise la réponse fréquente est « Je n’aurai rien d’autre vers quoi me tourner ». C’est aussi votre réponse ? Alors c’est une des raisons qui vous empêche de vous arrêter. Toutes nos actions sont là pour nous apporter du positif sur le court terme (et oui, pas forcément sur le long terme avec ces rondeurs qui s’accumulent et le manque de confiance qui s’installe). Après une journée de travail épuisante, un bon grand bol de glace avec des petits gâteaux croquants peu apporter tellement de douceur et de bonheur.

 

Et pourquoi cela ?

Car selon les recherches, le sucre et les graisses libèrent des opiacés dans notre cerveau. La même substance active contenue dans la cocaïne, l’héroïne, et les autres narcotiques. Oui, vous le lisez bien, vous êtes des accros 🙂 Alors vous vous sentez sur votre petit nuage, calmée, apaisée après votre paquet de chips ou la boite entière de gâteaux. Vous comprenez pourquoi changer ces habitudes sont aussi difficiles que d’arrêter la drogue pour les addicts.

 

Quelle solution possible ?

Trouvez une autre façon de vous faire plaisir. Quelles autres activités vous apportent un bien-être ? Rappelez-vous quand vous étiez plus jeune, qu’est-ce qui vous apportait de la joie, de la satisfaction ? Quel talent caché souhaitez-vous développer ? Prenez le temps nécessaire pour cette réflexion et posez-la sur papier, la mémoire à tendance à oublier…

 

Vous devez vous demander, « Ok ok Johanna, mais vraiment, apprendre d’un instrument, me remettre à la peinture, reprendre une activité physique,… ça va vraiment m’aider à arrêter de grignoter ? » Bien sûr que non ! Ce que vous allez trouver va vous aider, c’est une certitude, mais aussi pour en finir complètement avec la nourriture émotionnelle, vous allez devoir passer par la pratique de l’accueil des émotions désagréables. Ce qui nous mène au point n°3.

 

3- Incapacité à tolérer les sentiments difficiles.

Dans notre culture, nous apprenons dès le plus jeune âge à éviter, repousser, aller contre nos émotions difficiles, celle qui nous sont désagréables. Malheureusement, nos méthodes de distraction pour en échapper ne sont pas toujours dans notre intérêt. Sans la capacité à accueillir ce qui est : l’agréable comme le plus désagréable, nous allons nous diriger dans la fuite… vers les placards. Et la suite, vous la connaissez.

 

Comment changer cela ?

Apprenez à rester en conscience de ces sentiments difficiles. Oui, c’est pus facile à dire qu’à faire. Je me souviens la grande tristesse, a colère fiévreuse, le stress intense, l’anxiété qui immobilise, le rejet blessant, l’ennui mortel… Et c’est très humain de vouloir s’en échapper. C’est prouvé scientifiquement ; l’être humain souhaite se rapprocher des sources de plaisir et s’éloigner des causes de douleur. C’est donc d’autant plus important de rester avec ces ressentis, de se familiariser avec eux, tout comme vous tolérez la pluie quand vous devez vous présenter à un rendez-vous important.

 

« Pourquoi rester avec ces sensations désagréables ? » Pour la situation en soi, peut-être que rien ne changera. Par contre, pour ce rituel dévastateur que vous souhaitez changer, cela fera toute la différence. Nous sommes des êtres d’habitude, et ces sensations sont comme des interrupteurs. Dès qu’ils sont activés, la lumière s’allume, vous vous jetez sur les placards pour trouver la petite douceur qui vous fera du bien.

 

4- Ne pas aimer son corps

Oui, ça peut paraître contre-intuitif, et c’est pourtant vrai. Ne pas aimer son corps, est l’une des plus grandes causes de la compulsion alimentaire. Honte, pensées négatives ou dégoût de soi n’inspirent pas à faire des changements et prendre soin de soi pour un bien-être sur le long terme. « J’aimerai mon corps quand il sera parfait ! » cette phrase n’est pas anodine.

 

En quoi cela pose-t-il problème ?

À ne pas accepter son corps et l’aimer tel qu’il est, provoque la séparation et inflige une double punition. Nous avons besoin d’amour, alors pour contrebalancer ce rejet de soi, nous mangeons (pour nous apporter une forme d’amour). Et aussi, nous ne sommes pas en contact avec le corps et ses sensations, donc nous sommes bien incapable d’être à l’écoute de nos réels besoins.

 

Quel remède ?

En résumé : apprendre à s’aimer. Cette réponse va beaucoup plus loin car elle implique plusieurs dimensions de soi. En parler dans cet article est impossible tant le sujet est vaste, et surtout individuel.

 

5- Le facteur physiologique

Trop fatiguée ou trop affamée, et c’est la route la plus sûre vers le grignotage. L’épuisement et la faim envoient des messages d’alerte à votre cerveau « je dois manger car ma survie en dépend ». Votre corps est en mode de stress et active sa réponse de combat/fuite/inhibition. Dans ces conditions, vous n’êtes pas même de prendre les meilleures décisions en terme d’alimentation. Tout comme le pire moment d’aller faire les courses est le ventre vide.

 

Comment y remédier ?

La première chose, c’est d’avoir un sommeil réparateur, de manger des repas complets et variés. Original, non ? L’important n’est pas de savoir, mais encore de la mettre en pratique. Combien d’heure de sommeil avez-vous chaque nuit ? Vous réveillez-vous reposée et en pleine énergie pour la journée ? Que mangez-vous , quand, et dans quelles conditions ? Toutes ces questions méritent une réflexion approfondie si vous voulez vraiment arrêter la nourriture émotionnelle.

 

Que retenir de cet article ?

La nourriture émotionnelle vous apporte consciemment ou inconsciemment des bienfaits et comble vos besoins immédiats. Si vous souhaitez arrêter ce cycle du grignotage, il est nécessaire de faire un travail interne en profondeur pour puiser en vous la force et les ressources pour avancer avec sérénité et confiance. J’espère de tout cœur que cet article vous a apporté des éléments de réponse.

C’est à vous de jouer !

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