« Ils ne savaient plus comment réagir quand ils me voyaient énervée, mais quand j’ai commencé à m’apaiser… »

Les enfants n’écoutent pas, leur père ne semble pas affecté et ne fait rien. Au milieu des cris, je me sens seule à gérer cette famille… La pression monte en moi, je sais que je vais encore bouillonner de rage et me mettre à hurler sur tout le monde. Nous allons encore nous éloigner, et il sera difficile de retrouver notre complicité. C’est vrai que je suis un peu tendue en ce moment. C’est plus fort que moi, j’aime que les choses soient faites d’une certaine façon. Je m’en aperçois, ça me rend rigide et aigrie.

 

L’atmosphère est électrique…

Tous sont tendus. Tous attendent mon énième explosion. Ils ont l’habitude de me voir monter en colère dès qu’un petit quelque chose va de travers.

Mais non, pas cette fois-ci. Je dis STOP. J’en ai marre d’être ce tirant, je m’épuise et les fatigue. Mes enfants ont peur de moi, et notre couple à deux doigts de la rupture. Je sais que tout est entre mes mains. Cette fois-ci, c’est ma dernière chance. Je dois agir autrement.

 

Alors, je prends une grande inspiration.

Instantanément, je sens leurs yeux rivés sur moi. Dans leurs regards, je lis l’appréhension. Ils se demandent comment je vais réagir cette fois-ci. Ces quelques secondes de latence sont aussi glacées qu’un paysage d’hiver suspendu.

Puis je ferme les yeux et expire profondément. Mes épaules se relâchent, ma mâchoire se desserre, les traits de mon visage s’adoucissent. La situation s’évanouit, et je suis là, dans le présent ; calme, apaisée et sereine. Comme un cygne sur le lac endormi, je glisse avec grâce sur ce moment infini. Je reste dans ma bulle pendant quelques respirations, et savoure cette douceur d’être.

 

Qu’est-ce que je veux vraiment ?

  • Qu’est-ce qui m’oblige à toujours réagir violemment ?
  • Si je continue comme ça, comment deviendra ma famille ?
  • Mes enfants sont-ils vraiment heureux ?
  • Suis-je vraiment épanouie ?

 

Reprendre le contrôle de mon attitude

A cet instant, je sens que j’ai le choix.
J’ai le choix de m’emporter ou non.
J’ai le choix de créer la guerre et le conflit ou la paix et la connexion.
J’ai le choix « d’avoir raison » ou d’être heureuse.

 

Qu’est-ce que je décide ?

Après tout, « avoir raison » qu’est-ce que ça veut vraiment dire ? « Avoir raison » par rapport à quoi ? Aveuglée par ma colère, je ne prends jamais le temps de regarder la situation de leur point de vue. Ce sont des enfants, il jouent, ils rient et crient. C’est normal, ils vivent.

Et mon mari, lui, il fait preuve d’une telle patience avec moi. Il les comprend et les laisse s’exprimer. Nous n’avons pas le même seuil de tolérance, je suis trop à fleur de peau et un rien m’irrite. 

Je quitte mon espace de paix, et ouvre les yeux pour les rejoindre dans ce moment. Un sourire se dessine sur mon visage. Eux aussi sont soulagés.
L’atmosphère électrique s’allège.

 

Comment j’ai appris à gérer ma colère ?

Un jour j’ai lu un article traitant des émotions et comment la méditation pouvait aider à réduire les réactions émotionnelles. Alors j’ai commencé à rechercher des méditations guidées, j’ai lu plusieurs livres et articles, j’ai comparé les programmes. Je me sentais un peu dépassée avec toutes ces informations, il y en avait tant, que je ne savais pas par où commencer ! Bien sûr certaines se prétendaient être LA méditation ultime, alors je m’en méfiais comme de l’eau qui dort.

 

Puis j’ai trouvé une méthode.

Elle proposait de m’accompagner pas à pas. Le but était de m’aider, tout doucement, à en faire une nouvelle habitude, et de maîtriser des techniques spécifiques aux bienfaits précis, afin que je trouve celle qui me conviennent à ce moment de ma vie.

Après quelques hésitations, je me disais qu’au fond, je ne risquai pas grand-chose à part quelques centaines d’euros. Mais si ça pouvait vraiment changer ma vie et le destin de ma famille, en apaisant mes hyper réactions, en gérant mieux mes émotions et en devenant moins réactive à mon environnement, je trouvais que ça valait le coup d’essayer. 

Alors, je me suis lancée, et ça a été une des meilleures décisions de ma vie.

 

Depuis, je médite tous les jours.

Ce n’était pas facile au début, car il fallait de la discipline, mais petit à petit, j’ai commencé à trouver mon rythme. Au début, ce n’était que quelques minutes, puis les sessions se sont naturellement allongées.

C’est vrai, je ne reste pas une heure à méditer chaque jour. Parfois je n’ai pas le temps de faire plus de cinq minutes, alors j’en profite quand même. J’ai appris plusieurs techniques, chacune était bien expliquée, et j’avais le temps de mettre en pratique pour les intégrer. En fonction de mes besoins, je m’adapte. Je suis autonome dans ma pratique, et ne ressens plus le besoin d’utiliser les méditations guidées.

J’ai compris le mécanisme de cette pratique, de mon mental et le fonctionnement de mes émotions.

J’ai continué à méditer quotidiennement.

 

Depuis la fin du programme, j’ai décidé de m’offrir du temps pour moi chaque jour. Comme un rendez-vous, il n’est pas négociable, et ma famille respecte mon choix. Tous voient à quel point je change et comme ça bénéficie à notre famille entière.

Je suis plus apaisée, patiente, disponible et à l’écoute.

La pression ne grimpe plus aussi rapidement. Les situations problématiques avant ne me touchent plus aujourd’hui alors je crie beaucoup moins, presque plus même.

 

Je suis ravie d’avoir fait ce travail sur moi.

Maintenant, je me connais mieux, je sais ce qui me fait tiquer, comment dépasser la frustration, comment  gérer les tensions du quotidien et revenir à mon état naturel sereine et apaisée.

 

J’apprécie vraiment le silence, d’écouter mon monde intérieur, d’accueillir ma colère, ma tristesse ou toute autre émotion du moment, de les voir passer, et de continuer la vie telle que je l’entends.

Ahaha, j’en viens même à accepter mes « défauts » et à rire de moi aussi.

C’est vraiment libérateur.

Même mon grand fils me joint parfois dans la petite pièce que j’ai aménagé. C’est drôle, mais passer ces moments en méditation en silence ensemble, nous a grandement rapproché.