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Et oui, avec une moyenne de 8 heures par jour au travail, il vaut mieux que l’on passe du bon temps. Pris comme une obligation, une contrainte, voire une torture, le travail est source de tensions, de stress et génère des émotions négatives. Quand j’étais en Australie, avant de passer le pas de la porte, mes amis me disaient « have fun! » (« amuses-toi bien! »). Dans les débuts, je les regardais de travers pesant « comme si j’allais m’amuser, je vais bosser là! » tout en avançant à reculons. Il m’a fallu du temps pour intégrer ce concept. Mais une fois fait, les heures défilent sans qu’on y prête attention, la productivité est améliorée, et la sensation d’être bien est quasi-constante.

Alors voici de façon simple et efficace des méthodes douces et conseils pratiques adaptés à tout environnement pour passer une journée agréable au travail. Le yoga, ce n’est pas que les postures sur le tapis, mais ce qu’elles nous apprennent, et comment les appliquer au quotidien.

Comment rester zen au bureau; une journée type.

Cet article dévoile:

  • Comment passer d’un réveil difficile à un matin plein d’entrain.
  • Comment relâcher les tensions dans les transports.
  • Comment organiser son temps pour être efficace.
  • Comment le mono-tâche peut propulser votre productivité.
  • Comment se régénérer lors d’une courte pause.
  • Comment tirer le meilleur de ses repas.
  • Comment faire le point sur les sources de stress.

1- Se lever du bon pied!

Vous arrive-t-il de sourire en ouvrant les yeux, ou êtes-vous plutôt du genre à ronchonner et vous cacher sous la couette pour quelques minutes de plus? Le moment du réveil est le plus important pour conditionner le reste de la journée. Alors comment faire pour bien démarrer?

Pratiquez l’auto suggestion. Souriez au matin, au soleil, à la fleur ou tout simplement à vous-même.
Si ça n’est pas pour vous essayez cette méthode « faire semblant jusqu’à ce que ça devienne une habitude. » Une fois debout, levez mes bras au ciel en V comme « victoire », regardez le plafond ou mieux, le ciel et souriez. Le corps ne fait pas la différence ntre le vrai et le faux et enverra les signaux de bien être et de plénitude à toutes vos cellules. Faites jouer la physiologie en votre faveur!

Tout comme à l’ashram (le lieu où l’on vit façon yogique) adaptez votre routine matinale pour commencer une belle journée.

2- Les transports : une opportunité pour être présent.

Vous avez de longues heures pour rejoindre votre lieu de travail? Maximisez ce temps et profites-en pour baisser vos tensions musculaires. Ça peut paraître contre intuitif quand on se sent pressé et que l’on est habité par l’angoisse d’être en retard. Mais vraiment, tout le monde le saurait s’il suffisait de s’énerver pour que tout aille plus vite, à notre rythme. Alors pourquoi ne pas tenter autre chose? Essayez d’être attentive à ce qu’il se passe autour de vous, cela vous sortira de votre tête et ramènera dans le présent.

Observez votre posture, vos points d’appui du corps sur le siège. Respirez consciemment ; à l’expiration, détendez-vous et l’inspiration revitalisez-vous. Les transports sont une opportunité en or pour muscler la présence. Rien ne nous arrive, nous n’avons rien à faire. Étendez cette pratique dans les salles ou files d’attente.

3- Travailler en rythme, c’est travailler mieux

Certains s’adonnent à leur tâche avec de la musique entraînante pour aller plus vite, d’autres choisissent une mélodie plus calme pour se poser et se détendre, mais là n’est pas l’objectif de ce troisième point. Il ‘est pas rare de passer des heures à ‘travailler’ pour se rendre compte à la fin que l’objectif à été loin d’être rempli. À cela on se demande « qu’est-ce que j’ai bien pu faire de toutes ces heures? » On a « brassé du vent », et le sentiment affaiblit notre confiance en nous.

En suivant la loi de Pareto et en respectant le temps de concentration optimal d’un cerveau humain, il est possible de réduire la fatigue, d’aiguiser la concentration et d’augmenter la productivité. En suivant le rythme naturel, vous augmenterez les heures effectives de travail et vous vous sentirez plus accompli. La technique Pomodoro préconise de travailler 20 minutes et de faire une pause de 5 minutes. Pour certaines tâches cela peut fonctionner, mais avec l’expérience, je préfère 55 minutes de travail et 10 minutes de pause. A vous de choisir quel ratio vos convient.

4- Concentration optimale

Ce point complète le précédent sur le rythme optimal de travail. « The American Psychological Association » a démontré dans son étude que le multi-tâche réduisait la productivité de 40%. Être présent et se donner à 100% à ce que l’on fait, augmente donc considérablement notre taux de productivité. Dans les Yoga Sutras de Patanjali, nous lisons « Ekagrata » qui veut dire « un seul point ».

Cet aphorisme souligne la nécessité d’une concentration ferme et continue en un point unique pour pratiquer la méditation. Appliquée à la vie de tous les jours, nous sommes invitées à réduire cette activité multilatérale, discontinue et diffuse. En arrêtant de nous disperser ainsi, notre esprit gagne en clarté et donc en qualité cognitive.

Prenez l’exemple du tireur à l’arc. A moins d’avoir développé des super pouvoirs ou s’être fait pousser des yeux derrière le tête, comment peut-il atteindre sa cible s’il n’en fixe pas le centre? Le plus on se rend disponible pour toute interruption possible, le plus la concentration se disperse, et le plus on se fatigue mentalement.

5- Respecter les temps de pause

Ce sont des habitudes contre-productives que de s’acharner et de « tirer sur la corde ». A l »issue de ces sessions intensives de concentration, vos neurones ont bien mérité une vraie pause, ou comme dirait le Larousse, « une suspension momentanée d’une activité, un court arrêt du travail pour permettre le repos ». Sans culpabilité, ces temps d’arrêt sont nécessaires pour se vider la tête et se ressourcer.

Les pauses ouvrent de nouvelles perspectives, permettent d’aborder les choses sous un angle différent et de trouver plus rapidement des solutions à un problème. Thomas Edison, le célèbre inventeur avait pris l’habitude de se reposer assis sur une chaise, un trousseau de clés à la main. Au moment où il s’endormait, les clés tombaient sur le sol et il se réveillait l’esprit frais et dispo pour continuer ses recherches.

Dans mes formations sur la gestion du stress, j’aime rappeler que pour conduire du Nord de la France au sud de l’Espagne, nous devons nous arrêter pour faire le plein d’essence, se dégourdir les jambes et se rafraîchir . Pratiquez l‘art du lâcher prise pendant les pauses et vous travaillerez mieux. Le secret de la productivité ne se trouve pas dans la quantité de temps investit, mais dans la qualité de concentration! Aux premiers signes de fatigue (et avant si possible), arrêtez-vous. C’est agir en compassion avec vous-même.

Au yoga, nous pratiquons cela en faisant une mini-relaxation entre les postures, et en terminant par savasana pour ancrer les bénéfices de la séance avant de vaquer à nos occupations. C’est comme ça que la flexibilité se développer; en lâchant prise du résultat.

6- Repas: se nourrir VS se remplir

Sauter les repas, manger sur le pouce, manger debout ou en marchant, avaler son assiette assis au bureau derrière l’écran entre les dossiers, autant de pratiques à bannir! Le yoga prône la présence, être à 100% à ce que l’on fait, et même pour des tâches considérées comme anodines.

La familiarité à aussi ses inconvénients. Au delà de combler la satiété, le fait de manger est un vrai besoin vital. Quand on est énervé ou frustré, le corps est stressé. Les fonctions biologiques de la digestion sont alors coupées. Dans ces moments là, inutile de se remplir la panse pour combler le creux dans le ventre ou satisfaire l’estomac qui gargouille. Préparer la prise des repas est indispensable pour une bonne digestion. Après tout, pourquoi mangeons-nous?

Voici une petite routine (et oui, une de plus 😉 pour tirer le meilleur de vos repas.

Choisissez l’endroit le plus calme possible, fermez le yeux, prenez trois grandes respirations, relâchez les tensions. Regardez votre repas et soyez reconnaissante de ce qui le constitue: la nature qui a fait grandir les aliments, les personnes qui ont contribué à ce que la nourriture soit à votre portée, et vous même pour avoir investit dans ce repas. Souvenez-vous que ces aliments sont là pour soutenir votre corps dans sa santé pour qu’à votre tour vous puissiez mener à bien vos actions.

7- Clôturer sa journée

Pour une bonne transition entre la vie professionnelle et la vie personnelle, il est important de faire le point en fin de journée. Recenser les aspects difficiles, identifier les sources de stress et les poser sur le papier permet de s’en détacher.

Dans un tableau à quatre colonnes, écrivez le moment de la journée, la source du stress, le ressenti, et les actions à mettre en place pour avancer. Écrire c’est comme parler à un très bon ami; soi-même. Une étude publiée dans le Journal of the American Medical Association a montré que l’écriture était un exercice libérateur pouvant avoir une influence profonde sur la souffrance. Soigner ses maux par ses propres mots apporte un soulagement.

Cette modalité appelée le narratif descriptif est aussi prescrite dans le traitement des personnes souffrant de stress post traumatique ou de deuil dépressif. Quand on pense « il n’y a pas de mots pour décrire ce que j’ai vécu », c’est que la partie de notre cerveau liée au language est désactivée.

BONUS – Gérer les imprévus par l’acceptation.

Je n’avais pas prévu cette partie, puis un événement inattendu s’est produit, alors j’ai décidé de la rajouter.

Les imprévus font partie intégrante de la vie, ils la constituent. Rien ne se passe exactement comme nous l’avons organisé sur le papier: parfois les bonnes nouvelles sont apportées et à d’autres moments ce sont des ennuis. Qu’à cela ne tienne! Au yoga nous apprenons la flexibilité des membres et du mental.

J’ai étudié dans un ashram nommé Santosh d’après le nom du Guru et de l’aphorisme II-42 dans les Yoga Sutras de Patanjali. « Santosh » signifie « acceptation, contentement ». Avec une telle attitude, Patanjali nous dévoile le secret du bonheur: « pour être heureux, il suffit d’accepter ce qui est. »

C’est une des cinq Niyamas, disciplines personnelles pour progresser sur le chemin de la paix intérieure. L’acceptation va de paire avec le lâcher prise; se libérer de l’idée de comment les choses doivent être ou ne pas être.

En prenant chaque événement comme une opportunité et non pus comme une gêne, il sera facile d’avoir un oeil bienveillant sur les imprévus et d’adopter une attitude constructive.

En résumé: les actions à intégrer dans le quotidien pour une journée de travail zen et sereine.

  1. Sourire à la vie dès le réveil.
  2. Pratiquer la présence dans les transports.
  3. Rythmer la journée avec la technique Pomodoro.
  4. Mono-tâche: secret du travail productif.
  5. S’accorder des pauses pour se ressourcer.
  6. Se nourrir: des repas au calme et en toute conscience.
  7. Clôturer la journée.
  8. BONUS – Cultiver l’attitude d’acceptation face aux imprévus

Besoin de plus d’informations? Vous avez des difficultés dans un domaine précis? Posez vos questions. Si des conseils peuvent aider vos amies, partages cet article, elles vous remercieront.

Au plaisir de vous servir.

Johanna de YogiTouch